02 février 2021

Question orale de M. Matthieu Daele à Mme Valérie Glatigny, ministre de l’Enseignement supérieur, de l’Enseignement de la Promotion sociale, des Hôpitaux universitaires, de l’Aide à la jeunesse, des Maisons de justice, de la Jeunesse, des Sports et de la Promotion de Bruxelles, intitulée

«Vaccination des travailleurs des services d’hébergement de l’aide à la jeunesse»

M. Matthieu Daele (Ecolo).

La vaccination contre la Covid-19 a débuté dans notre pays, comme dans de nombreuses autres régions du monde. Je ne peux que m’en réjouir, car il s’agit d’une arme essentielle pour lutter contre la pandémie. Le vaccin ne sera toutefois pas immédiatement disponible pour tout le monde. C’est pourquoi la conférence interministérielle de la Santé publique (CIM Santé) a défini une stratégie de vaccination en déterminant les groupes de personnes à vacciner en priorité : le personnel et les résidents des maisons de repos, les professionnels de la santé, les personnes considérées comme à risque, c’est-à-dire celles âgées de plus 65 ans ou de plus de 45 ans si elles présentent des risques spécifiques. À côté de ces personnes prioritaires, il convient de déterminer les groupes qui seront ensuite vaccinés.

Pour la Fédération Wallonie-Bruxelles, il me semble particulièrement important de prendre en compte les membres du personnel des services d’hébergement de l’aide à la jeunesse. Les éducateurs, assistants sociaux et autres membres du personnel entretiennent des contacts rapprochés avec les enfants et les jeunes dont ils s’occupent. Ils assurent quotidiennement l’accompagnement nécessaire pour préparer les jeunes à leur avenir. Pour ces personnes, les précautions et les gestes barrières sont impossibles à respecter.

En réponse à ma question d’actualité sur les publics prioritaires concernés par la vaccination en Fédération Wallonie-Bruxelles, lors de la séance plénière du 9 décembre 2020, le ministre-président a répondu : «Le gouvernement voulait faire état que nombre de travailleurs de secteurs de la Fédération Wallonie-Bruxelles devaient être considérés comme prioritaires à la vaccination, comme les acteurs relevant du secteur de l’aide à la jeunesse, les éducateurs, les travailleurs des services d’hébergement, des IPPJ, des écoles, des milieux d’accueil et des maisons de justice». Il a ensuite affirmé que cette position serait défendue au sein du Comité de concertation (Codeco) et que la task force «Vaccination» allait mettre en place des critères objectifs pour déterminer des fonctions «essentielles»en vue de la phase 1B de la stratégie de vaccination.

Madame la Ministre, pouvez-vous m’indiquer si cette volonté du ministre-président s’est confirmée et si, dans les secteurs qui relèvent de votre responsabilité, les travailleurs des services d’hébergement de l’aide à la jeunesse seront bien considérés comme prioritaires pour la vaccination? Les familles d’accueil et les familles de parrainage seront-elles également considérées comme prioritaires? Ces familles entretiennent des contacts rapprochés avec les enfants et les jeunes dont elles s’occupent, comme les services d’hébergement. Certaines d’entre elles accueillent même, pendant le week-end ou pendant les vacances scolaires, des enfants issus des services d’hébergement.

Mme Valérie Glatigny (MR)

La réflexion sur la priorisation des vaccins dans la phase 1B a débuté et devra se poursuivre cette semaine. Un constat est omniprésent : les jeunes souffrent de plus en plus et cette souffrance est encore plus grave pour les enfants et les jeunes pris en charge par l’aide à la jeunesse. La crise de la Covid-19 fait émerger des situations de grande souffrance et de vulnérabilité extrême chez ces enfants et ces jeunes. Il est donc impératif que les travailleurs du secteur de l’aide à la jeunesse, dont la mission est essentielle pour les plus fragiles de la société, soient toujours reconnus prioritaires pour la vaccination.

Concrètement, la vaccination de tous les professionnels du secteur de l’aide à la jeunesse représente au total 8.800 vaccins, un nombre relativement limité au regard de l’enjeu. En effet, les enfants et les jeunes dont ils s’occupent sont pris en charge dans des structures résidentielles à la suite de maltraitances, de violences physiques ou psychologiques. Ces professionnels offrent aussi un accompagnement ambulatoire spécifique et soutiennent les enfants restés en famille. Ils vont à la rencontre des jeunes et participent activement à leur retour à l’école. Je continuerai donc à plaider pour que l’ensemble des professionnels de l’aide à la jeunesse puissent bénéficier du vaccin sans tarder.

M. Matthieu Daele (Ecolo).

La vaccination permettrait d’assurer la continuité de l’accueil et de l’hébergement des enfants et jeunes qui relèvent de l’aide à la jeunesse ; il convient donc d’y être particulièrement attentifs. Madame la Ministre, vous avez dit que 8.800 vaccins seraient nécessaires pour les professionnels du secteur ; j’aurais souhaité savoir si les familles d’accueil et de parrainage étaient incluses dans ce nombre. Ces familles disposent d’une organisation similaire aux familles ordinaires et ne présentent pas davantage de risque de constituer un foyer infectieux, mais il ne faut pas oublier que certains enfants fréquentent simultanément des services d’hébergement.